Paris, le 4 août 2022

Dans une lettre adressée à Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco – en tant que gardienne du patrimoine culturel mondial –, le directeur des Relations internationales du Centre Wiesenthal, Shimon Samuels, lui faisait part de « l’indignation des membres du Centre concernant le projet en cours de l’Autorité palestinienne (AP) de détruire un site archéologique, Tel Orma (alias Horvat Ormah ou Khirbet el-Ormeh en arabe), une ancienne forteresse hasmonéenne de l’époque des Maccabées ».

M. Samuels et le quotidien Israel Hayom indiquaient que « le site archéologique de Tel Orma – y compris les ruines de la cité biblique d’Aruma – est malheureusement situé dans la ‘‘zone B’’ de la Cisjordanie, sous la juridiction civile de l’AP. Au cours de la dernière décennie, il aurait été pillé sans vergogne, dans le but de fournir aux musées locaux d’anciens artefacts prétendus ‘‘palestiniens’’ ».

Israel Hayom prévenait en particulier que « le sommet du site, maintenant surmonté d’un immense drapeau palestinien, a déjà été aplani, provoquant des dommages irréparables aux anciennes citernes d’eau et réduisant en miettes d’autres artefacts qui pourraient encore y être enterrés. Des structures et des murs qui remontent à deux mille ans ont été démolis et la zone aurait été utilisée pour y construire une nouvelle mosquée. Objectif final : le site doit devenir un parc national ‘‘palestinien’’ ».

Le Centre soutenait que, « si le pillage d’anciens artefacts juifs équivaut bien à une usurpation d’identité, la dévastation de ce site signifie en outre qu’une politique de destruction culturelle est en œuvre. Cela révèle ce que l’AP, dans son état d’esprit actuel, est capable de faire à d’autres sites et artefacts patrimoniaux ».

M. Samuels alertait que, « si l’AP détruit le site antique juif de Tel Orma avec autant de légèreté, comment traiterait-elle d’anciens sites culturels romains, chrétiens, ottomans ou autres ? Comment prendrait-elle soin des pièces de monnaie de Bar-Kochba ou des manuscrits de la mer Morte – toujours sur sa liste de souhaits pour être inscrits au patrimoine culturel de l’Unesco ? Quel en serait le sort si elle mettait un jour la main sur eux ? »

La lettre rappelait à la directrice générale que « plus d’un millier de sites archéologiques se trouvent dans les secteurs contrôlés par l’AP en Cisjordanie. Comment peut-on dissuader l’Autorité palestinienne de piller ou de détruire des sites patrimoniaux ? ».

En tant que partenaire associé de l’Unesco, le Centre Wiesenthal la prie instamment de dénoncer publiquement ces graves violations.

« Madame la Directrice générale, il est de la responsabilité de l’Unesco et du Centre du patrimoine mondial d’avertir l’Autorité palestinienne des sanctions auxquelles elle s’expose en agissant de la sorte », concluait Shimon Samuels.