Article de Shimon Samuels publié en anglais dans The Jerusalem Post
le 8 juin 2022
https://www.jpost.com/opinion/article-708920

On ne peut pas acheter la paix. Mais l’incitation à la haine par le biais de médias hostiles attise le feu de Goebbels et, hélas, les mensonges persistent.

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L’ambassadeur américain en Allemagne de l’époque, Richard Grenell, assiste à un rassemblement
pour protester contre les préjugés anti-israéliens devant le Conseil des droits de l’homme
de l’ONU à Genève, en 2019 (photo Denis Balibouse/Reuters).

À chacune de ses sessions, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève régurgite le tristement célèbre point 7 relatif à Israël et aux TPO – les dénommés Territoires palestiniens occupés.

Vient ensuite le point 8, qui s’applique au reste du monde.

De la même façon, l’ONU possède une pléthore d’organisations concernant les Palestiniens, parallèlement à l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) à Genève, responsable de tous les réfugiés déplacés et apatrides dans le monde, y compris les Palestiniens non absorbés par le Liban et la Syrie déchirée par la guerre.

Ce groupe problématique des Palestiniens n’est pas du ressort de l’UNHCR, en raison de la question de savoir comment sa majorité, résidant en Palestine, peut être considérée comme une population réfugiée. De même, comment des personnes nées en Palestine peuvent-elles être considérées comme réfugiées ?

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Aperçu de la session du Conseil des droits de l’homme lors du discours de la Haut-Commissaire
des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, aux Nations unies à Genève,
en Suisse, le 27 février 2020 (photo Reuters/Denis Balibouse).

Le 10 novembre 1975, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté deux résolutions notoires :

1) La résolution 3379, qui considère que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ». Elle a été abrogée tardivement, en 1991, avec la résolution 46/86.

2) Bouchée double, le Comité des Nations unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien (CEIRPP) a été créé par la résolution 3376. Celui-ci mène des programmes et de la propagande à travers son programme annuel de formation avec la société civile du monde entier. Le 29 novembre dernier, il a organisé la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien. Elle commémore la partition, votée en 1947 par l’Assemblée générale de l’ONU, entre un État juif et un État arabe. Les Juifs l’ont acceptée, les Arabes ont choisi la guerre. C’est aussi une date que les Palestiniens appellent la Naqba (« la catastrophe »).

En 1977, une Unité spéciale pour les droits des Palestiniens est née pour rassembler des documents au service de la session annuelle de l’ONU sur la question de Palestine.

En 1979 est apparue la Division des droits des Palestiniens de l’ONU.

Le Conseil de sécurité procède maintenant à un débat trimestriel sur la question palestinienne, dirigé par le président du CEIRPP, avec ses vingt-cinq États membres, la Ligue des États arabes, l’Organisation de la coopération islamique et l’Union africaine.

Ensuite a surgi la division onusienne Unispal (Système d’information des Nations unies sur la question de Palestine).

Les autres participants sont :
-le Bureau du coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient (Unsco) ;
-le Programme de formation de journalistes palestiniens de la presse parlée et écrite (maintenant nommé d’après feu la journaliste d’Al-Jazeera Shireen Abu Akleh) ;
-le Groupe de travail sur la discrimination à l’égard des femmes et des filles ; et
-l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient).

Une multitude de rapporteurs spéciaux participent à ces événements :
-sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression ;
-sur le droit de rassemblement et d’association ;
-sur la situation des défenseurs des droits de l’homme ;
-sur la situation des droits de l’homme dans les TPO ; et
-sur la violence à l’encontre des femmes.

Voici une réflexion du ministre de la propagande nazie et brûleur de livres Joseph Goebbels : « Si vous racontez un mensonge assez grand et que vous continuez à le répéter, les gens finiront bien par le croire ! » C’est, semble-t-il, le rôle des rapporteurs dans les médias : ils maintiennent les mensonges en vie. Ce château de cartes est coûteux, mais il se maintient – non pas grâce au soutien financier du monde arabe, comme on pourrait s’y attendre –, mais grâce à la générosité des contribuables de l’Occident démocratique, et parfois d’ONG bien dotées.

On ne peut pas acheter la paix. Mais l’incitation à la haine par le biais de médias hostiles attise le feu de Goebbels et, hélas, les mensonges persistent.

L’auteur de ces lignes est le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal.