Paris, le 8 juin 2022

Le lynchage survenu à Strasbourg d’un homme de confession juive alors qu’il collait des affiches de son épouse, candidate du parti Les Républicains (LR) aux prochaines élections législatives, est désormais politisé.

La victime, Liron Rozenhaft, 41 ans, a signalé à la police qu’il avait été suivi par des individus qui avaient commencé par déchirer son affiche avant de s’en prendre à sa personne.

La maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian (Europe Écologie Les Verts), a condamné les violences, sans toutefois spécifier qu’il s’agissait d’un acte antisémite.

Une source proche de la municipalité a informé le Centre Wiesenthal que le parti de Mme Barseghian – qui appartient à la nouvelle coalition de gauche (la Nouvelle union populaire écologique et sociale, Nupes) – s’appuie sur le vote musulman et minimiserait donc l’événement en espérant que l’affaire ne sera traitée qu’après le second tour des élections, le 19 juin prochain.

Dans une conversation avec Shimon Samuels, le directeur des Relations internationales du Centre, la source a ajouté qu’« il semblerait qu’aucune personne présente au moment des faits ne se soit présentée comme témoin de l’agression, de sorte que la déclaration d’antisémitisme de la victime est, jusqu’à présent, toujours rapportée comme ouï-dire. La police est à la recherche de preuves par vidéosurveillance afin de trancher l’affaire ».

Dans le même temps, la police a arrêté quatre néonazis en possession de quarante et une armes à feu, dont des fusils d’assaut et une tonne de balles. Ils avaient l’intention de les utiliser dans une tuerie imminente. Selon la procureure de la République de Mulhouse, ils avaient été endoctrinés par la propagande antisémite et préméditaient « une chasse aux Juifs » lors d’un match de football organisé à Strasbourg. Les néonazis inculpés sont originaires d’Alsace.

La police recherchera d’éventuels complices, compte tenu de la taille de la cache d’armes et de munitions.

« L’antisémitisme s’immisce dans le spectre politique, depuis les agressions dans la rue jusqu’aux meurtres de masse planifiés », concluait Shimon Samuels.