Paris, le 5 mai 2022

Dans une lettre adressée à Ernesto Ottone Ramirez, sous-directeur général pour la culture à l’Unesco, le directeur des Relations internationales du Centre Wiesenthal, Shimon Samuels, le remerciait pour sa réponse à la demande du Centre d’annuler la 45e session du Comité du patrimoine mondial qui devait se tenir à Kazan, en Russie, en raison de sa situation géographique. « La décision de reporter cette session sine die est une étape importante », indiquait-il.

« Nous pensons cependant, poursuivait la lettre, que d’autres mesures doivent être prises par le Comité du patrimoine mondial pendant ce ‘‘conflit armé’’, en particulier en ce qui concerne les nouvelles selon lesquelles les troupes russes commettent des vols dans les musées ukrainiens. »

Comme mentionné par l’Unesco dans sa réponse au Centre, les préoccupations de l’Organisation au sujet du « trafic illicite de biens culturels ukrainiens » sont justifiées et très pressantes.

M. Samuels soulignait que « des pillages inquiétants avaient déjà été signalés, mais la rumeur selon laquelle des conservateurs de musées russes encadrent des soldats pour identifier des objets de valeur constitue, si elle est avérée, un outrage qui implique une préméditation systématique ».

Le Centre rappelait : « Tout comme l’Allemagne nazie avait pour objectif de voler les œuvres d’art pour déposséder ses victimes, vider les pays occupés de leur patrimoine et enrichir le IIIe Reich, de même, il semble que la saisie d’objets de valeur par la Russie vise également à détruire l’identité ukrainienne et à s’approprier son patrimoine. Les médias signalent que Poutine pille, entre autres, des trésors scythes qui seront relocalisés en Crimée ‘‘dans le but de renforcer les liens culturels de cette région avec la Russie’’. »

« Nous prions instamment l’Unesco de prendre des mesures contre ce pillage de l’identité ukrainienne », concluait Shimon Samuels.