Copie de cette lettre a été envoyée aux dirigeants politiques espagnols des deux camps : aux représentants de la coalition gouvernementale et de l’opposition au Parlement.

Paris, le 26 mars 2022 

Dans une lettre adressée à Meritxell Batet Lamaña, présidente du Congrès des députés espagnol (la chambre basse du Parlement), le directeur des Relations internationales du Centre Wiesenthal, Shimon Samuels, lui exprimait sa préoccupation « quant aux ‘‘mesures envisagées pour la protection [de l’ONG] ‘Droits des enfants et des adolescents de la population palestinienne’ affectés par l’occupation d’Israël’’. Ces mesures proposées par Podemos doivent être discutées au cours de votre Comité du Congrès des Affaires étrangères, le 29 mars prochain ».

Notre Centre a récemment envoyé une lettre au ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, félicitant le gouvernement espagnol pour son initiative incitant la Cour pénale internationale à juger Vladimir Poutine. Cependant, nous avons également exprimé notre inquiétude quant à la position d’Unidas Podemos face à l’invasion de l’Ukraine, nous demandant si elle était liée aux affinités de ce parti avec le régime iranien et avec les relations entre Moscou et Téhéran.

« Nous croyons comprendre que Podemos, membre de votre coalition, sympathiserait avec le régime de l’Ayatollah et qu’il serait, pour cette raison, fanatiquement anti-Israël. »

La lettre se poursuivait en ces termes : « Ainsi, son initiative au sein de votre Parlement inclut une liste diffamatoire de mensonges proférés par six prétendues ONG palestiniennes. Des mensonges lus et approuvés par Amnesty International, qui vient de refuser à Israël le droit d’être un État juif. Il en va malheureusement de même pour l’ONG Save the Children : une grande partie de leur collecte de fonds est sans doute basée sur la fustigation de l’État juif. »

M. Samuels soulignait que « Podemos affirme que Save the Children comptabilise entre cinq cents et sept cents mineurs détenus en Israël en 2020 au motif qu’ils ont jeté des pierres. Bien entendu, aucune mention n’est faite des cas d’agressions palestiniennes par poignards et armes à feu ».

Selon l’ONG DCI-Palestine (Defence for Children International, Défense internationale des enfants), source principale de Save the Children, vingt-neuf mineurs ont été détenus entre 2008 et 2020. Il ne faut pas oublier qu’Israël respecte l’État de droit et est reconnu comme la seule démocratie au Moyen-Orient. En 2021, elle occupait la 23e position dans l’indice de démocratie de The Economist, une position au-dessous de la France et une au-dessus de l’Espagne.

La lettre relevait qu’« il est remarquable que Podemos soit concerné par la situation à Gaza sans faire référence au rôle du Hamas – l’organisation terroriste en charge de Gaza, dont la charte stipule ‘’le meurtre des Juifs [pas seulement des Israéliens], où qu’ils se trouvent’’. Au cours du conflit de mai 2021, déclenché par le Hamas, celui-ci a utilisé des enfants comme boucliers humains et des cours d’écoles comme rampes de lancement de roquettes dirigées sur Tel-Aviv ».

Le Centre s’offusquait que « Podemos ne mentionne même pas les pertes israéliennes dans cette guerre et les années de bombardements quotidiens depuis Gaza sur la ville israélienne de Sderot. Les enfants de Sderot souffrent sans nul doute de troubles de stress post-traumatique… L’Espagne accepterait-elle l’idée de voir tous les jours ses villes recevoir des missiles lancés, par exemple, depuis le Maroc ? ».

« La demande de Podemos d’indemniser les écoles détruites – qui avaient été financées par l’Espagne – devrait être adressée au Hamas », suggérait M. Samuels.

Ce dernier s’interrogeait : « Où sont les droits de l’homme des enfants palestiniens dont les mères, à la télévision palestinienne, expriment leur fierté pour la mort de leurs fils et filles disparus dans des attentats-suicides, dont la mission consistait à assassiner autant de Juifs que possible ? »

La lettre ajoutait : « A contrario, voyez le quotidien des hôpitaux israéliens, où un médecin juif tient dans ses bras un nouveau-né arabe et où, réciproquement, son collègue arabe israélien prend soin d’un bébé juif. »

« Madame la Présidente, le débat qui s’ouvrira bientôt devra plutôt se conclure en demandant à Podemos d’exiger de ses amis iraniens qu’ils mettent fin aux pendaisons publiques, à la lapidation des femmes et à l’incarcération des minorités, des étrangers ou des enfants qui osent s’exprimer librement », concluait Shimon Samuels.