« Les trois pays qui auraient ‘‘traité’’ avec les terroristes – directement ou indirectement se mettent en danger eux-mêmes ainsi que tous les États membres de l’UE. »

Paris, le 19 novembre 2020 

Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal,Shimon Samuels, lui exprimait son indignation à la lecture d’un article de la très respectée organisation de surveillance des médias Palestinian Media Watch. Cet article (en anglais) s’intitule « La France, l’Espagne et l’Irlande ont-elles accepté de financer des organisations terroristes palestiniennes ? »

L’auteur de cet article, Me Maurice Hirsch, indique qu’à la suite de l’attentat à la bombe perpétré en août 2019 par le FPLP (Front populaire de libération de la Palestine), qui avait tué une jeune fille de 17 ans et blessé sa famille, « quatre des six principaux terroristes arrêtés étaient non seulement des membres du FPLP, mais aussi des figures centrales d’ONG palestiniennes qui bénéficiaient d’une aide substantielle de l’Union européenne. (…) L’UE avait annoncé, après le meurtre, qu’elle avait ajouté une nouvelle clause à son formulaire de ‘‘Conditions générales’’ pour les ONG qui solliciteraient son soutien », exigeant leur engagement « à ce que les fonds de l’UE n’aboutissent pas par leur intermédiaire chez tout bénéficiaire potentiel qui se trouverait sur la liste des mesures restrictives de l’UE – c’est-à-dire les groupes désignés comme terroristes par l’UE » – tel le FPLP.

Le Centre Wiesenthal avait félicité l’UE pour cette mesure :
« 1.5 bis. Les bénéficiaires de subventions et les contractants doivent veiller à ce qu’aucun sous-traitant et aucune personne physique y compris les participants aux ateliers et/ou aux formations et les bénéficiaires de supports financiers aux tiers ne figure sur les listes des mesures restrictives de l’UE. »

Le rapport de Palestinian Media Watch expliquait que, « bien que l’UE dans son ensemble ait pris des mesures pour s’assurer que son aide aux ONG ne finance pas le terrorisme palestinien, le Comité de coordination palestinien de la Campagne nationale contre le financement conditionnel a annoncé que l’Espagne, la France et l’Irlande ont accepté de continuer à financer des ONG palestiniennes, même en l’absence d’assurance que leur aide ne sera pas destinée par l’intermédiaire d’ONG palestiniennes bénéficiaires vers des organisations terroristes impliquées activement dans le meurtre d’Israéliens ». (https://palwatch.org/page/18375)

M. Samuels avertissait que ces trois pays semblent être fautifs, soulignant le danger d’‘‘accords’’ avec des terroristes – directement ou indirectement – et les menaces de rebond du terrorisme en France, en Espagne et en Irlande :

En France :
À la suite de la vague d’attentats terroristes perpétrés en France contre des cibles juives dans les années 1980, nous avons été informés qu’un « accord verbal » avait été conclu entre la Direction de la surveillance du territoire (DST) et l’Organisation Abou-Nidal (alias le Conseil révolutionnaire du Fatah), accord qui offrait « la liberté de circulation en France en contrepartie d’un moratoire pour toute violence sur le sol français ». Faute de source fiable, nous avions ignoré cette information scandaleuse, la considérant comme ce qu’on appelle aujourd’hui une fake news… Mais, il y a un an, cet « accord » a été reconnu dans une interview avec l’ancien directeur de la DST, Yves Bonnet (Le Parisien du 8 août 2019).

À l’époque du massacre de la rue des Rosiers, j’ai reçu un appel d’un pilote commercial français. Nous nous sommes rencontrés. Il m’a révélé que des armes palestiniennes étaient acheminées en Europe. Il a affirmé que le matériel était assemblé au large des côtes du Venezuela, sur l’île Margarita – aujourd’hui une zone de libre-échange qui serait contrôlée par le Hezbollah, avec la présence croissante de membres du Hamas, d’al-Qaida et de fugitifs de l’État islamique au sein d’une communauté arabe de quelque douze mille personnes.

« Les armes étaient envoyées par bateau vers les îles antillaises de la Guadeloupe ou de la Martinique. Depuis ces territoires, les vols considérés comme intérieurs pouvaient arriver librement à Paris, sans contrôles de sécurité ni de douane », poursuivait le pilote.

Nous nous étions alors tournés vers l’Élysée, où on nous a assurés que le président François Mitterrand lui-même ne savait rien de cet accord. Quelques jours plus tard, nous avons appris que « le délégué général de la Palestine » (alias « l’ambassadeur de Palestine ») en France, Ibrahim Souss, avait été convoqué au Quai d’Orsay, où il était censé discuter de la question du « trafic » dans les îles.

Si les allégations de notre pilote sont correctes, il se peut qu’Abou Nidal ait utilisé les armes acheminées depuis la France vers l’Europe dans l’itinéraire meurtrier de son organisation terroriste, qui a fait au moins quatre cents morts et une multitude de blessés : le 23 novembre 1985, détournement et atterrissage du vol Egyptair 648 à Malte, 58 morts ; le 27 décembre 1985, fusillades simultanées aux guichets El Al des aéroports de Rome et de Vienne, 20 morts et 138 blessés ; le 5 septembre 1986, détournement du vol Pan Am 73, 20 morts et 120 blessés ; le 6 septembre 1986, attentat de la synagogue Neve Shalom à Istanbul, 22 morts ; le 11 juillet 1988, attaque contre un navire de croisière grec, 10 morts et 98 blessés ; le 21 décembre 1988, explosion du vol Pan Am 103 au-dessus de Lockerbie, en Écosse, revendiquée entre autres suspects par Abou Nidal, 270 morts.

En Espagne :
Selon le Département d’État américain, tout au long de l’année 2019, l’Espagne était « en état d’alerte nationale maximum du fait du terrorisme pour la cinquième année consécutive. Les autorités espagnoles ont continué d’arrêter des individus soupçonnés de planifier des attentats terroristes ; de faciliter le financement du terrorisme ; et de s’engager dans l’État islamique et al-Qaida, recrutement lié et la radicalisation... L’Espagne s’est alignée sur les stratégies de lutte contre le terrorisme adoptées par l’UE avec un plan d’action en quatre piliers : la prévention, la protection, la poursuite et la réaction ».

El Paìs a rapporté que le parti de gauche, Podemos, entretient « des relations étroites, de nature à la fois politique et financière », avec les gouvernements vénézuélien et iranien, et qu’il reçoit « des fonds importants » de ces gouvernements.

En Irlande :
Un avertissement des autorités britanniques à l’intention des voyageurs se rendant à l’étranger place l’Irlande comme un pays à haut risque pour le terrorisme, en particulier contre les intérêts du Royaume-Uni.

Chaque année, l’Irlande fournit une aide bilatérale et multilatérale de 10 millions d’euros aux organisations palestiniennes.

La Nouvelle Armée républicaine irlandaise (NIRA) est une branche paramilitaire dissidente de l’IRA historique, fruit de fusions entre le groupe radical Real - IRA (IRA véritable), interdite en Grande-Bretagne et aux États-Unis, et d’autres factions plus petites.

La coopération traditionnelle IRA-NIRA/OLP-FPLP des années 1970 semble être encore d’actualité : par exemple, Paul Collinson, un expert artificier britannique, identifia deux cents engins explosifs – copiés sur le modèle des « bombes tuyau » de l’IRA – à Jénine après l’opération Rempart ; en août 2020, un Palestinien recruté par la NIRA a été arrêté en Écosse pour terrorisme.

« Madame la Présidente de la Commission européenne, nous vous demandons instamment d’ouvrir une enquête sur les accusations portées par Palestinian Media Watch contre ces trois États membres de l’UE et de prendre les mesures appropriées pour le bien de toutes les parties », concluait Shimon Samuels. 

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« Il n’y a pas de liberté sans justice. » (Simon Wiesenthal, 1908-2005)