Paris, le 8 novembre 2020

Le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels, a exprimé son soutien à la Campagne britannique contre l’antisémitisme (Campaign Against Antisemitism - CAA). Celle-ci dénonce Nazim Ali, chimiste londonien et organisateur de la marche annuelle « Journée Al-Quds » (en référence au nom arabe de Jérusalem). Une plainte a été déposée pour antisémitisme auprès du comité de déontologie de l’Agence britannique de réglementation des produits pharmaceutiques, mais elle a été rejetée au motif que le comportement de son adhérent pourrait être considéré comme « gravement offensif », mais non « antisémite ».

Pendant cette marche animée par Nazim Ali, celui-ci a clamé au haut-parleur que l’incendie survenu en juin 2017 dans la tour Grenfell de vingt-quatre étages, qui a fait 72 morts et plus de 70 blessés, était « un acte des sionistes ».

Appelant à « l’anéantissement d’Israël », il a ajouté que l’armée israélienne était « une organisation terroriste qui assassine des Palestiniens, des Juifs (sic) et des soldats britanniques ».

De nombreux manifestants brandissaient des banderoles du Hezbollah – l’organisation soutenue par l’Iran qui figure sur la liste britannique (et de l'Union européenne) des organisations terroristes. La présence de rabbins antisionistes permettait de blanchir cette diffamation anti-juive.

M. Samuels signalait qu’Ali avait aiguillonné les plus de mille manifestants aux cris de : « On en a marre des sionistes... marre de leurs rabbins... marre de leurs sympathisants... qui soutiennent le parti conservateur... des sionistes qui donnent de l’argent au parti conservateur pour tuer des gens dans des tours d'immeubles. »

Le Centre indiquait qu’Ali est apparemment directeur de la Commission islamique des droits de l’homme (Islamic Human Rights Commission, IHRC), qui a son siège à Londres et qui bénéficie du statut d'ONG inscrite sur la liste de la Commission caritative anglaise et galloise. En 2015, après l’attentat contre Charlie Hebdo perpétré par des terroristes islamistes qui ont tué douze personnes, l’IHRC a abjectement attribué au journal satirique son « prix de l’islamophobe de l’année ». L’IHRC aurait également fait campagne pour l’abrogation d’une grande partie de la législation antiterroriste du Royaume-Uni.

Sur son site internet, l’IHRC affirme que « les commentaires de Nazim Ali ont été jugés offensants mais pas antisémites SELON LA DÉFINITION de l’IHRA [Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste]… » L’IHRC établit ainsi un précédent juridique. M. Samuels soulignait que « nous devons nous assurer que cela est perçu plutôt comme un avertissement, non pas un précédent... La décision de l’IHRC et du comité de déontologie de l’Agence britannique de réglementation des produits pharmaceutiques va à l’encontre de l’adoption par le Royaume-Uni de la définition de l’antisémitisme de l’IHRA. L’antisionisme y est signalé comme couverture de l’antisémitisme dans son déni de l’autodétermination juive, ce qui représente la plupart des termes diffamatoires d’Ali ».

En fait, l’agence pharmaceutique avait bien reconnu qu’Ali avait « déconsidéré la profession » et que « sa capacité à exercer était altérée ».

« Cependant, plutôt que d’agir sur le plan professionnel, il serait intéressant d’en apprendre davantage sur les relations politiques de Nazim Ali... En effet, la campagne de boycott antisémite BDS promue par l’IHRC semble lui avoir accordé une exception discordante : sa pharmacie vend les produits pharmaceutiques israéliens Teva... Les affaires avant l’antisionisme !? » suggérait Shimon Samuels…

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« Il n’y a pas de liberté sans justice. » (Simon Wiesenthal, 1908-2005)