« Le 11 septembre dernier, le Centre Wiesenthal et ses membres chrétiens de Norvège avaient demandé à la Première ministre Erna Solberg d’honorer leur demande d’extradition pour que le suspect soit jugé à Paris. »

« Si le meurtrier, Anders Behring Breivik, avait fui la Norvège, votre gouvernement aurait certainement demandé son extradition pour qu’il soit jugé afin que les familles des victimes et les rescapés puissent faire leur deuil. Les familles des victimes et les rescapés de l’attentat de la rue des Rosiers ne méritent rien de moins… »

Paris, le 26 septembre 2020 

Dans sa lettre du 11 septembre à la Première ministre de Norvège, Erna Solberg, le directeur des Relations internationales du Centre Wiesenthal, Shimon Samuels, l’implorait : « Walid Abdulrahman Abou Zayed a échappé à la justice pendant 38 ans… Les familles des six personnes tuées et les vingt-deux blessés de l’attentat de la rue des Rosiers, le 9 août 1982, méritent de faire leur deuil… Son transfert en France devrait être une question de quelques semaines, le temps que les deux démocraties s’organisent. »

Le Centre ajoutait qu’« en 2019, un accord judiciaire entre la Norvège, l’Islande et l’Union européenne est entré en vigueur, stipulant que toute personne recherchée peut être extradée de l’État auquel elle a été remise dans les quarante-cinq jours… Néanmoins, Abou Zayed pourrait, en dernier recours, faire appel auprès de la ministre norvégienne de la Justice et de la Sécurité publique ».

M. Samuels a écrit à cette ministre, Monica Mæland, pour lui demander de ne pas accepter cette manœuvre. « Madame la Ministre, ajoutait-il, la Norvège a été la cible du terrorisme, en particulier le 22 juillet 2011, jour du massacre perpétré à Oslo et à Utoya qui avait fait 77 morts et plus de 300 blessés – pour la plupart de très jeunes gens. Si le meurtrier, Anders Behring Breivik, avait fui la Norvège, votre gouvernement aurait certainement demandé son extradition pour qu’il soit jugé afin que les familles des victimes et les rescapés puissent faire leur deuil. Les familles des victimes et les rescapés de l’attentat de la rue des Rosiers ne méritent rien de moins que justice soit faite… »

« Madame la Ministre, entérinez cette extradition pour que justice leur soit rendue à Paris… Ce pourrait aussi fournir le motif d’une extradition des terroristes complices d’Abou Zayed, réfugiés dans leurs sanctuaires de Jordanie et de l’Autorité palestinienne. »

La lettre se poursuivait en ces termes : « David Père, avocat auprès de l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT), qui avait défendu avec succès Shimon Samuels accusé de diffamation par une organisation franco-palestinienne, a souligné l’importance symbolique d’un tel procès au regard de celui en cours, qui juge les attentats de janvier 2015 (de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher) : les suspects incriminés doivent faire face à leurs responsabilités. »

« Comme feu Simon Wiesenthal l’aurait formulé, ‘‘la longévité n’est pas un motif d’impunité’’ », concluait M. Samuels.