« Monsieur le Premier Ministre, l’incitation à la haine et à la violence ne fait pas partie des droits de l’homme – d’autant plus si elle se propage sur un campus ! »

Paris, le 4 septembre 2020

Dans une lettre adressée au Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels, félicitait l’Espagne « pour avoir adopté, le 22 juillet dernier, la définition de l’antisémitisme donnée par l’IHRA (Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste)… Cependant, cette adoption se voit maintenant trahie par l’Université publique de Navarre (Universidad Pública de Navarra - UPNA) et ses campus satellites : un cours en ligne doit s’y donner du 9 septembre au 7 octobre, intitulé ‘‘L’apartheid en Palestine et la criminalisation de la solidarité’’ (voir ci-dessous le programme en anglais).

M. Samuels ajoutait qu’« ‘il semblerait que ce cours soit coordonné par Sodepaz, qui serait lié avec les nationalistes basques Batasuna, et, selon nos sources, également en lien avec le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), placé sur la liste officielle des organisations terroristes par l’Union européenne.

« Omar Barghouti, à la tête de la campagne internationale BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions), fait partie de ce programme. BDS fait penser au slogan nazi des années 1930 Kaufen nicht bei Juden (n’achetez pas chez les Juifs). Cette campagne est en outre considérée comme illégale dans toutes les municipalités d’Espagne. »

Le Centre indiquait que « l’Acom (Accion y Comunicacion sobre Oriente Medio - Action et communication sur le Moyen-Orient), organisme hautement respecté, a présenté auprès d’un tribunal de Pampelune – la ville qui abrite l’UPNA – un cas de jurisprudence qui rend le boycott d’Israël illégal en Espagne. En outre, la liberté universitaire qui tolère l’incitation à la haine viole la constitution espagnole ».

La lettre se poursuivait en ces termes : « Monsieur le Premier Ministre, notre Centre se joint à l’Acom pour vous demander de prendre les mesures qui s’imposent afin d’annuler ce cours, au motif d’antisémitisme, selon la définition de l’IHRA. Il risque en effet d’inciter des loups solitaires à attaquer des institutions, écoles, synagogues et cimetières juifs en Espagne. »

« Monsieur le Premier Ministre, l’incitation à la haine et à la violence ne fait pas partie des droits de l’homme – d’autant plus si elle se propage sur un campus, où les étudiants doivent se former dans un esprit d’ouverture et de tolérance, et non pas de discrimination et de haine », concluait M. Samuels.

« Nous faisons part de cette lettre à Mme Ursula Van der Leyen, présidente de la Commission européenne et à M. Thomas Greminger, secrétaire général de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), où notre Centre est accrédité et dont l’Espagne est un membre actif, pour nous assurer que ces deux organisations prêtent attention au danger de l’antisémitisme – sous toutes ses formes – à travers l’Europe. »

Course_BDS_Universidad_Pública_de_Navarra.pdf