« Argentins, réveillez-vous ! Les Juifs contrôlent le monde… Le virus, ce sont les Juifs… Mettez votre masque, ne pensez pas, ne vous plaignez pas ! »

Buenos Aires et Paris, le 23 août 2020 

Dans la ville argentine de Neuquén, en Patagonie, des affiches appellent la nation à se soulever contre les mesures sanitaires ordonnées par le gouvernement fédéral pour contrôler la pandémie.

Le message relève manifestement de la théorie du complot. Il affirme que le Covid-19 n’existe pas et que toutes les précautions prises pour l’éradiquer ont été fomentées par les Juifs dans le but de créer une dictature juive dans le monde et de vendre un vaccin contre une maladie imaginaire.

Par-dessus tout, les affiches appellent à assassiner le président de la République « pour normaliser le tyrannicide ».

23 August 2020

« Rendre les Juifs responsables des épidémies parce qu’ils en profiteraient a été une diffamation antisémite récurrente dans l’Histoire… Depuis le début de la pandémie, cette accusation prolifère sur les réseaux sociaux… Cependant, l’affirmation que la pandémie n’existe pas et l’appel à en finir avec les précautions prises constituent des actes de ‘‘terrorisme’’ contre l’Argentine, aggravés par les menaces de mort proférées contre son président… La Patagonie n’a pas oublié le refuge nazi de Bariloche et le pamphlet diffusé dans les années 1970, Le Projet andin, un faux présentant une mainmise de la Patagonie par les Israéliens et les Juifs pour y créer un second État sioniste », alertait le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels.

Ariel Gelblung, le directeur du Centre pour l’Amérique latine, concluait que « ceux qui ont fabriqué, distribué et placardé ces affiches ont violé la loi. Il ne s’agit pas de liberté d’expression mais de criminels qui invitent au ‘‘tyrannicide’’ – un euphémisme pour l’exécution du Président… Ils propagent un message de haine assurément sanctionné par la loi. Rien d’étonnant à ce que cet acte se passe au même endroit où l’extrême droite avait obtenu trente mille voix aux premières élections de 2019. Nous prions instamment les gouvernements provincial et fédéral de ne pas le minimiser, de mener une enquête et de le combattre avec la pleine force de la loi ».