30 et 15 ans de prison – « Les peines ne doivent pas être réduites ! »

Paris, le 10 novembre 2021

Mireille Knoll n’était qu’une enfant de Paris quand, à l’été 1942, la police française, collaborant avec les nazis, rassembla des milliers de Juifs, les entassa au Vélodrome d’Hiver, puis les déporta à Auschwitz.

Le 23 mars 2018, cette rescapée de l’Holocauste âgée de 85 ans a été agressée et poignardée à mort, avant d’être en partie brûlée par ses agresseurs.

Le directeur des Relations internationales du Centre Wiesenthal, Shimon Samuels, a déclaré : « Contrairement au meurtrier de Sarah Halimi, qui n’a pas été jugé mais envoyé dans une clinique psychiatrique parce qu’il avait agi ‘‘sous l’influence du cannabis’’, les meurtriers de Mireille Knoll ont été condamnés respectivement à 30 et 15 ans de prison. Leur peine a été augmentée en raison de l’accusation de ‘‘crime haineux à caractère antisémite’’. »

10 November 2021
Dessin de l’audience de Yacine Mihoub (à gauche) et Alex Carrimbacus, au premier jour de leur procès
pour le meurtre de Mireille Knoll, le 26 octobre 2021 à Paris (photo Benoit Peyrucq © 2019 AFP).

Yacine Mihoub, qui aurait crié « Allahu akbar » en poignardant sa victime, a également été interrogé sur des inscriptions trouvées dans sa cellule où il glorifiait les auteurs d’attentats islamistes, sur des livres qu’il conservait tel Mein Kampf, d’autres concernant la charia ou Mohamed Merah, l’auteur du massacre de l’école juive de Toulouse. Tous ces éléments confirment son mobile antisémite.

Son complice, Alex Carrimbacus, a participé au massacre avec l’intention de voler la vieille dame, affirmant que Mihoub soutenait qu’elle devait être riche parce qu’elle était juive.

Mihoub a également accusé Mireille Knoll de l’avoir empêché de se rendre en Algérie pour visiter la tombe de sa sœur, car il avait déjà été condamné à quelques mois de prison en 2017 pour avoir agressé sexuellement la fille de 12 ans de l’assistante de Mireille Knoll. Sa propre mère, la voisine de la victime, a été inculpée pour « falsification de preuves criminelles » : elle avait nettoyé l’arme du crime et subtilisé les verres de porto que Mireille avait offerts à ses assassins.

Le Centre soulignait qu’« il ne devrait pas y avoir de réduction de peine pour un crime aussi odieux. Nous espérons que, compte tenu des circonstances antisémites, ce verdict représentera une nouvelle étape pour la jurisprudence française ».

« La police et les juges ont maintenant accès à la définition de l’IHRA et à la législation sur les crimes haineux », concluait Shimon Samuels.

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« Ma cause était la justice, non la vengeance. Mon travail est pour un lendemain meilleur et un avenir plus sûr pour nos enfants et nos petits-enfants. » (Simon Wiesenthal, 1908-2005)