« Les avocats de la défense ont argué sans vergogne que leurs clients avaient agi comme Robin des Bois, prenant des bijoux pour les pauvres ! »

Paris, le 4 juillet 2021

Le directeur des Relations internationales du Centre Wiesenthal, Shimon Samuels, rappelait sa collaboration, depuis les années 1980, avec Roger Pinto, fondateur de l’association de défense du peuple juif et de l’État d’Israël, Siona. En 2017, ce dernier a lui-même été victime de violences antisémites.

Roger Pinto, alors âgé de 84 ans, ainsi que sa femme de 74 ans et leur fils de 52 ans, ont été ligotés et battus pendant deux heures et demie dans leur pavillon de Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis.

Les agresseurs s’étaient écriés : « Vous les Juifs, vous avez de l’argent, nous nous n’avons rien », mais les avocats de la défense ont argué que l’affaire n’était qu’un simple vol à la Robin des Bois, cherchant à invalider l’accusation de « circonstances aggravantes de racisme ».

« S’ils avaient bénéficié d’une libération conditionnelle anticipée, ils auraient eu la possibilité de réitérer leur violence antijuive en toute liberté. Ces lâches agresseurs seraient devenus des ‘‘héros’’ dans leurs quartiers, encourageant des attaques similaires », soutenait M. Samuels.

Et d’ajouter : « Nous saluons la décision courageuse et juste du tribunal de Bobigny, qui a reconnu un crime haineux en prononçant des peines de prison allant de quatre ans pour les complices à huit et dix ans pour les cambrioleurs et douze ans pour l’agresseur principal... Les condamnés ne feront pas appel. »

« La cour d’assises de Seine-Saint-Denis a rendu un jugement qui fera jurisprudence. Puisse-t-il mettre fin à l’hypocrisie des magistrats qui accordent leur indulgence à de soi-disant ‘‘victimes de la pauvreté et du racisme’’ ou qui disculpent des malfrats ‘‘sous l’influence de l’alcool ou de narcotiques’’. S’attaquer à des Juifs, parce qu’ils sont juifs, peut maintenant être considéré comme un crime haineux », concluait Shimon Samuels.

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« Il n’y a pas de liberté sans justice. » (Simon Wiesenthal, 1908-2005)