Paris, le 22 juin 2021

Dans une lettre adressée aux dirigeants des principaux partis politiques français, le directeur des Relations internationales du Centre Wiesenthal, Shimon Samuels, leur indiquait qu’« en décembre 2019, l’Assemblée nationale a adopté la définition de l’antisémitisme de l’IHRA (Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste) en tant qu’outil pour soutenir la politique française dans sa lutte contre cette forme particulière de discrimination ». Il ajoutait qu’« à l’approche du second tour des élections régionales, nous faisons appel à votre parti pour qu’il prenne une position claire sur cette question qui constitue un fléau pour la société, autant au niveau local que national ».

La lettre soulignait que, « bien que la communauté juive de France ne représente qu’un pour cent de sa population totale, elle s’avère être la cible de 33 % des insultes et violences racistes. Non seulement l’antisémitisme se propage-t-il, alimenté par une frustration généralisée et un sentiment d’insécurité, avec des criminels allant de l’idéologue/instigateur sur canapé au djihadiste des plus enflammés, mais il est également renforcé par l’anonymat des réseaux sociaux et un sentiment d’impunité. La torture à mort d’Ilan Halimi, le massacre de l’école Ozar-Hatorah à Toulouse, l’attentat terroriste contre l’Hyper Cacher, l’agression de la famille de Roger Pinto, les cimetières profanés de Strasbourg, les meurtres à Paris de Sarah Halimi et de Mireille Knoll, survivante de la Shoah... ne sont que la partie émergée de l’iceberg dans l’épreuve quotidienne qu’endurent les citoyens français de confession juive ».

Le Centre faisait valoir que « la définition de l’IHRA a été adoptée par l’Union européenne, par ses États membres... mais aussi par des municipalités (de Paris à Strasbourg en passant par Nice), des clubs de football et des entreprises qui témoignent du sentiment d’appartenance à la société ».

« Nous demandons à votre parti d’adopter explicitement la définition de l’IHRA et de l’ajouter en tant qu’instrument à votre politique, tant interne qu’ouverte au public. Pour paraphraser Simon Wiesenthal : ‘‘Ce qui commence par les Juifs ne s’arrête jamais aux Juifs!’’ et ‘‘Pour que le mal se propage, il suffit que les hommes bons ne fassent rien...’’ Une politique efficace ne se contente pas de dénoncer la division et de renforcer la sécurité : elle nécessite également une action positive et de la bonne volonté pour rassembler les citoyens, en solidarité avec les principes de la République », concluait Shimon Samuels.

Liste des partis approchés :
LFI (La France insoumise) : Jean-Luc Mélenchon, président
PCF (Parti communiste français) : Fabien Roussel, secrétaire national
EELV (Europe, Écologie, Les Verts) : Julien Bayou, secrétaire national
PS (Parti socialiste) : Olivier Faure, premier secrétaire
LaREM (La République en marche) : Stanislas Guerini, délégué général
MoDem (Mouvement démocrate) : Jean-Noël Barrot, secrétaire général
Agir (Agir, La Droite constructive) : Franck Riester, président
UDI (Union des démocrates et indépendants) : Jean-Christophe Lagarde, président
LR (Les Républicains) : Aurélien Pradié, secrétaire général
DLF (Debout la France) : Nicolas Dupont-Aignan, président
RN (Rassemblement national) : Marine Le Pen, présidente