Rapport de Shimon Samuels, directeur des Relations internationales du Centre Wiesenthal et observateur permanent auprès de l’Unesco

« Prétendre que ces résolutions ont été adoptées par consensus en l’absence d’une partie clé est une mascarade. »

« Un vote à scrutin ouvert serait peut-être plus à même de distinguer parmi les 58 États votants ceux intègres de ceux qui se sont laissés intimider ou soudoyer, et ceux qui sont tout bonnement antisémites. »

Paris, le 11 avril 2019

Deux résolutions, les articles 32 et 33 – tous deux présentés par l’Egypte, la Jordanie, le Liban, le Maroc, le sultanat d’Oman, le Qatar et le Soudan – ont été adoptées aujourd’hui « par consensus, sans être mis aux voix », au Conseil exécutif de l’Unesco, présidé par Madame Samira Moosa, du sultanat d’Oman.

La résolution 32 sur « la Palestine occupée », dans son sous-point 1, considère que « ‘‘la Loi fondamentale’’ sur Jérusalem… [est] nulle et non avenue et [qu’elle] doit être abrogée sans délai ». Elle appelle la directrice générale à « nommer un représentant permanent qui doit être affecté à Jérusalem-Est ».

Dans le sous-point 2 sur Gaza, il est reproché à Israël « le bouclage… qui affecte dangereusement le mouvement libre et durable du personnel, des étudiants et de l’aide humanitaire ».

Dans le sous-point 3 sur Al-Haram Al-Ibrahimi/le tombeau des Patriarches, à Al-Khalil/Hébron, et sur la mosquée Bilal Ibn Rabah/la tombe de Rachel, à Bethléem, est prétendu « le déni de libre circulation et d’accès aux lieux de culte » par Israël, y compris « l’interdiction d’accès imposé aux fidèles palestiniens chrétiens et musulmans ». Ce sous-point s’achève par une exigence : « En cas de non-exécution, proposer des mesures appropriées » à la prochaine session du Conseil exécutif.

La seconde résolution sur « les institutions éducatives et culturelles dans les territoires arabes occupés », présentée par ces mêmes Etats arabes, se rapporte essentiellement aux projets de l’Unesco. Elle est épicée de références peu diplomatiques, comme « les violations de l’armée israélienne à l’encontre des universités et écoles palestiniennes ». Elle demande instamment à l’Unesco que « les écoles, les universités et les sites du patrimoine culturel bénéficient d’une protection spéciale… » et qu’« Israël, la puissance occupante, cesse […] d’empêcher les élèves et les étudiants palestiniens d’exercer pleinement leur droit à l’éducation… » Elle constate avec une vive inquiétude « la censure israélienne sur les programmes scolaires et universitaires palestiniens… »

Le document se termine sur une invitation à l’Unesco « d’envoyer un expert […] dans le Golan syrien occupé ».

Les questions soulevées dans ces résolutions sont destinées « à obtenir un complément d’information de la part de l’Etat partie, Israël… » Elles doivent être examinées à la prochaine réunion du Conseil exécutif, en octobre.

Depuis qu’Israël a quitté l’Unesco, le 31 décembre 2018, toute cette procédure ressemble à un jeu de massacre qui ne tient compte que d’un seul point de vue, derrière le dos de la victime diffamée.

Toutefois, ce même jeu de massacre s’est joué aussi quand Israël était présent dans la salle.

Prétendre que ces résolutions ont été adoptées par consensus en l’absence d’une partie clé est une mascarade. Un vote à scrutin ouvert serait peut-être plus à même de distinguer parmi les 58 États votants ceux intègres de ceux qui se sont laissés intimider ou soudoyer, et ceux qui sont tout bonnement antisémites.