« En 2001, au festival de haine de Durban, nos seuls alliés étaient les associations de Roms, de Slaves d’Europe de l’Est et de LGBT – tous destinés à l’extermination par Hitler. »

« Les Juifs ont besoin des non-Juifs pour combattre l’antisémitisme, les Noirs des Blancs contre le racisme, les femmes des hommes pour leurs droits, et les homosexuels des hétérosexuels. »

Paris, le 8 avril 2019

Le Centre Simon Wiesenthal a fermement condamné la loi adoptée à Brunei le 3 avril dernier condamnant à la peine de mort par lapidation les homosexuels, les femmes accusées d’adultère, ainsi que d’autres auteurs de crimes invoqués au nom de la charia.

Le directeur des Relations internationales du Centre, Shimon Samuels, expliquait qu’« en 1999, pendant les préparatifs de la conférence des Nations unies sur le racisme de 2001 – le festival de haine antisémite de Durban –, j’étais le seul élu juif au Comité directeur international de ce forum, duquel j’ai été physiquement expulsé à mon arrivée à Durban… Là, nos seuls alliés étaient les associations de Roms, de Slaves d’Europe de l’Est et de LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). Tous avaient été destinés à l’extermination par Hitler ».

Le Centre saluait la campagne menée par George Clooney et Elton John invitant à boycotter le patrimoine hôtelier international du sultan de Brunei, à commencer par le prestigieux Dorchester de Londres.

Le monde entier exprimait son horreur, notamment, en Grande-Bretagne, la Royal Air Force et la Royal Navy. Même le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, d’habitude si focalisé contre Israël, a annoncé que « l’application de cette peine de mort enfreint la loi internationale ».

A la fin des années 1990, le travail du Centre Wiesenthal sur les restitutions aux requérants de l’Holocauste avait incité d’autres victimes du nazisme à lui demander conseil. Entre autres, les LGBT allemands s’étaient tournés vers nous. Ils tentaient de récupérer l’Institut des sciences sexuelles de Magnus Hirschfeld, à Berlin, pour y fonder un musée à la mémoire des Gays. Ce sont les livres de cette bibliothèque, tous jetés au bûcher lors de l’autodafé de 1933, que l’on voit brûler dans les films de Goebbels.

« Lors de l’inauguration du musée restitué, j’ai été invité à prendre la parole. J’ai soutenu que les Juifs ont besoin des non-Juifs pour combattre l’antisémitisme, les Noirs des Blancs contre le racisme, les femmes des hommes pour leurs droits, et les homosexuels des hétérosexuels... Voilà notre message à Brunei », concluait M. Samuels.