Éditorial d’Abraham Cooper publié en anglais dans The Algemeiner
le 31 décembre 2018
http://www.algemeiner.com/2018/12/31/no-palestinian-israel-peace-in-2019-but-here-are-some-developments-we-can-expect/

31 Dec. 2018
Des véhicules circulent sur une autoroute tandis qu’un train entre en gare. Tel-Aviv, Israël, le 25 novembre 2018.
Photo Reuters/Corinna Kern

Pour Israël, 2019 apportera vraisemblablement des réussites majeures, mais aussi de grandes déceptions.

Au nombre des réussites : une croissance continue de l’économie de l’innovation d’Israël ; l’accroissement du tourisme ; et le développement d’un large éventail de nouvelles inventions, avec des médicaments et des équipements d’aide aux personnes qui souffrent de graves problèmes de santé.

Au nombre des déceptions : des attaques terroristes chroniques provoquées par l’Iran et des menaces de guerre latentes ; l’hostilité perpétuelle des Nations unies et du Parlement européen ; et la poursuite du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) – qui mène un combat économique et culturel asymétrique – dans le but de diaboliser, isoler et, en dernier ressort, éradiquer l’État juif.

Malgré tous les efforts du président Trump, de ses principaux conseillers et de son gendre Jared Kushner pour parvenir à un plan de paix qui soit acceptable et pour les Palestiniens et pour les Israéliens, ceux-là prennent en charge une tâche impossible en cette période de nouvelles élections et de bouleversement politique qui secoue Jérusalem, sans compter la direction palestinienne de Ramallah, vieillissante, corrompue et non représentative.

Ne vous y trompez pas : les Israéliens attendent avec impatience le jour où leurs enfants de 18 ans n’auront plus à consacrer deux ans de leur jeune existence à la risquer. Ils veulent vivre en paix avec leurs voisins arabes.

Israël octroie aujourd’hui à ses citoyens arabes, qui constituent près d’un cinquième de sa population, plus de droits et une qualité de vie supérieure à celle dont bénéficient les nations arabes. Mais la poursuite des actes terroristes palestiniens à ses frontières sud et nord – et en Cisjordanie – oblige Israël à prendre des mesures de sécurité significatives, comme toute nation le ferait face à de telles menaces.

L’Autorité palestinienne (AP) de Mahmoud Abbas réclame des exigences qu’aucun traité de paix ne pourrait intégrer, parmi lesquelles un « droit de retour » pour tout Palestinien qui a quitté Israël à la création de l’État juif, en 1948 – et pour les millions de leurs descendants. Aucun gouvernement israélien n’acceptera la pilule empoisonnée de ce « droit de retour », qui créerait du jour au lendemain une majorité arabe et qui sonnerait la fin de cet État juif isolé et démocratique.

L’AP revendique aussi la restitution de chaque centimètre carré de territoire conquis par Israël au cours de la guerre des Six Jours, en 1967, ce qui laisserait Israël avec ce qu’Abba Eban, l’ancien ministre israélien des Affaires étrangères, appelait les indéfendables « frontières d’Auschwitz ». Avec une telle concession, il ne resterait que des miettes de sa capitale historique et des sites les plus saints de la partie orientale de Jérusalem. Le Hamas et les groupes terroristes palestiniens du Djihad islamique, soutenus par l’Iran, vont même plus loin : ils appellent à la destruction d’Israël par la violence et le terrorisme.

L’Autorité palestinienne et le Hamas s’appuient tous deux sur un programme scolaire qui nie l’existence d’Israël et qui apprend aux enfants à vénérer les terroristes. Il s’ensuit que le processus de paix ne progressera pas en 2019, quel que soit le plan élaboré par Trump – et quelles que soient les ambitions pacifistes d’Israël. Il ne s’agit pas d’argent, ni même un tant soit peu de frontières. Il s’agit de psychologie.

De nombreux Palestiniens – même ceux qui affirment vouloir vivre en paix, main dans la main, avec Israël – sont opposés au concept même d’État juif. Mais les Juifs, inspirés par une vision de retour à Sion, ont fondé Israël spécifiquement pour que ce soit un État juif, un refuge pour les Juifs fuyant l’antisémitisme et le génocide ; Israël a été conçu comme une démocratie moderne – qui protège les droits de tous – sur la terre ancestrale du peuple juif.

Cependant, dans l’année qui vient, on peut s’attendre à ce que les menaces permanentes de l’Iran favorisent une plus grande collaboration entre les pays du Golfe et Israël. Et cela pourrait même inciter l’un ou plusieurs d’entre eux à enfin reconnaître Israël, soixante-dix ans après sa création.

Moi qui ai rencontré personnellement le roi du Bahreïn, Hamed ben Issa Al Khalifa, et reçu deux douzaines de dirigeants interreligieux bahreïnis à Jérusalem, je souhaite et prie pour que le Roi ouvre la voie vers une normalisation des relations avec Israël. D’autres États arabes suivront et, tôt ou tard, une nouvelle génération de dirigeants palestiniens verra le jour – mais il faut s’attendre à ce que ce soit plutôt tard.

Non seulement la paix semble être un rêve lointain, mais, en Israël, les batailles politiques agitées ont donné lieu, en décembre, à une surprise, et non des meilleures : le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé que son gouvernement de coalition allait être dissous et que des élections anticipées auraient lieu en avril.

Alors, l’État juif est-il un État en difficulté ? Tout au contraire. En fait, il doit y avoir d’autres aspects de l’année 2018 en Israël qui expliquent pourquoi 89 % de ses 8 900 000 citoyens déclarent mener une vie heureuse.

Voici quelques bonnes nouvelles sur Israël que l’on entend rarement dans les médias américains et internationaux :

En premier lieu, Israël a connu cette année une hausse considérable du tourisme mondial, l’Asie en tête. Quoi que les touristes aient pu entendre dans des médias fallacieux, il n’y a rien qui vaille la découverte de la seule démocratie moyen-orientale et de ses lieux saints pour démystifier au premier regard le grand mensonge qui donne Israël pour un État pratiquant l’apartheid.

Nulle part ailleurs l’afflux de touristes n’a été plus évident qu’à Jérusalem, la capitale éternelle d’Israël. On estime à quatre millions les touristes qui ont visité la Ville sainte cette année. Ceci s’est produit au moment où le président Trump a tenu parole et annoncé que les États-Unis reconnaissaient Jérusalem comme capitale d’Israël. Le déménagement de l’ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem s’est effectué à une vitesse professionnelle (et non pas diplomatique), et j’ai eu l’honneur d’assister à l’inauguration de cette ambassade, le 14 mai dernier.

En second lieu, le i d’Israël est vraiment le symbole d’innovation. Bien que les jeunes Israéliens doivent servir dans l’armée et qu’ils soient réservistes pendant des dizaines d’années – et en dépit de la haine et de la violence dont ils sont l’objet –, les Israéliens sont déterminés à marquer leur différence en se comportant de manière à influer sur la vie de leurs amis et de leurs ennemis à travers le monde.

Voici un petit échantillon d’innovations qui ont changé la face du monde et qui ont vu le jour en Israël cette année :

- le premier steak végan au monde imprimé en 3D – une solution pour nourrir la planète qui subit une explosion démographique ;

- la recherche pour créer des implants de tous types de tissus en utilisant les propres cellules des patients ;

- un nouvel instrument qui permet de mieux évaluer la douleur des patients qui se trouvent en unité de soins intensifs ;

- un nouvel appareil qui détecte les problèmes dans les lésions avant que le cancer ne s’y propage ; et

- des travaux de recherche prometteurs sur l’oreille interne qui pourraient remédier à la perte auditive.

Enfin, au printemps prochain, Israël projette d’envoyer un engin spatial non habité sur la lune, en avril. En outre, nous pouvons tous nous attendre à voir d’autres innovations spectaculaires émanant d’Israël, innovations qui, dans un avenir proche, amélioreront notre économie, notre vie, notre santé et nos iPhones.

On ne peut qu’espérer et prier pour qu’un jour, une nouvelle génération de dirigeants palestiniens prennent conscience que leur peuple a tout à gagner en collaborant avec ses voisins et en vivant en paix, au lieu de confier ses enfants à des leaders corrompus qui récompensent leur jeunesse non pas par des innovations et une éducation, mais en les incitant à assassiner des Juifs – s’assurant ainsi un conflit éternel.

Il est regrettable que cela ne se produise pas en 2019 – à moins que le Messie n’intervienne en personne. Pour accélérer un réel changement au cours de l’année nouvelle, des nations comme l’Allemagne, la France et le Japon devront suivre l’exemple du président Trump et cesser d’émettre des chèques à l’ordre des Palestiniens, à moins que ces derniers n’établissent la preuve que « l’aide humanitaire » ne leur serve pas à creuser des tunnels de la terreur ou à récompenser financièrement les familles dont les fils assassinent des Juifs.

Le rabbin Abraham Cooper est vice-doyen du Centre Simon Wiesenthal et directeur de sa section Action sociale mondiale.